AMÉRIQUE. - ÉTATS-UNIS. - Nous apprenons par le Saint-Louis
Republican que les Indiens sauvages, qui errent
dans les vastes plaines et dans les forêts des Etats-Unis, à l'est des
Montagnes Rocheuses, menacent d'une lutte cruelle les troupes envoyées par le
gouvernement de Washington pour aller venger la mort d'un lieutenant que ces
hordes ont tué. Près de 3,000 guerriers de différentes tribus, surtout de
celles des Sioux et des Sheyennes, se tiennent comme
des oiseaux de proie autour des forts américains. Il n'y a pas longtemps, ils
ont emmené avec eux quatre-vingt-cinq chevaux appartenant au fort Laramie et le lendemain vingt-sept mulets, propriété des
habitants du fort Kearney.
Des gens sensés,
dit le New-York Freeman's
Journal en parlant des mêmes faits, conseillent au gouvernement de renoncer
à cette guerre difficile et de nommer une commission composée d'hommes connus
par leur influence sur ces sauvages. Parmi les personnes capables de les
pacifier, on propose, en premier lieu, notre compatriote, le R. P. De Smet. Son autorité sur les Indiens n'est pas ignorée à
Washington. Il est à craindre que l'agitation des Know-nothing
ne mette obstacle à l'accomplissement d'un si sage conseil.
Les Peaux-rouges,
dès les premiers temps de la colonisation, furent indignement lésés par les
Blancs; ils se sont vus dépossédés de leurs héritages par des mercenaires ou
par des soldats licencieux. La société s'est avancée sur eux comme un de ces
vents desséchants qui portent la désolation sur une contrée fertile. Elle a
énervé leurs forces, multiplié leurs maladies et enté sur leur barbarie
originaire les vices dégradants de l'homme civilisé et corrompu. Ainsi les
Indiens sans cesse refoulés vers le désert, en proie à une existence toujours
plus précaire, ne peuvent s'empêcher de sentir que les Blancs sont les
usurpateurs de leurs anciens domaines, la cause de leurs misères et les
destructeurs de leur race. Leur exaspération est redoutable. Tout le monde connaît
leur perfidie naturelle et leur cruauté envers les vaincus. Telles sont les
dispositions de tous les sauvages de ces contrées, excepté quelques milliers
qui, sur les bords du Kansas et du Neosho, ont le
bonheur de connaître et de, professer la vraie religion sous le gouvernement
spirituel de Mgr. Miége, vicaire apostolique de ce
pays.
Les Indiens, dit
le New-York Daily
Tribune, continuent de céder leurs territoires. Les Omahas
viennent de céder 600,000;000 d'acres; les Missouriens,
3,000,000; les Shawnees,1,600,000; les Sacs et les Foxes, 455,000 ; les Kickapoos,
768,000; les Delawares, 275,000; les Kaskaskias et autres, 94,000; les Miamis,
325,000.