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1856 – Chronique.

AMÉRIQUE. - ÉTATS-UNIS. - Nous apprenons par le Saint-Louis Republican que les Indiens sauvages, qui errent dans les vastes plaines et dans les forêts des Etats-Unis, à l'est des Montagnes Rocheuses, menacent d'une lutte cruelle les troupes envoyées par le gouvernement de Washington pour aller venger la mort d'un lieutenant que ces hordes ont tué. Près de 3,000 guerriers de différentes tribus, surtout de celles des Sioux et des Sheyennes, se tiennent comme des oiseaux de proie autour des forts américains. Il n'y a pas longtemps, ils ont emmené avec eux quatre-vingt-cinq chevaux appartenant au fort Laramie et le lendemain vingt-sept mulets, propriété des habitants du fort Kearney.

 

Des gens sensés, dit le New-York Freeman's Journal en parlant des mêmes faits, conseillent au gouvernement de renoncer à cette guerre difficile et de nommer une commission composée d'hommes connus par leur influence sur ces sauvages. Parmi les personnes capables de les pacifier, on propose, en premier lieu, notre compatriote, le R. P. De Smet. Son autorité sur les Indiens n'est pas ignorée à Washington. Il est à craindre que l'agitation des Know-nothing ne mette obstacle à l'accomplissement d'un si sage conseil.

 

Les Peaux-rouges, dès les premiers temps de la colonisation, furent indignement lésés par les Blancs; ils se sont vus dépossédés de leurs héritages par des mercenaires ou par des soldats licencieux. La société s'est avancée sur eux comme un de ces vents desséchants qui portent la désolation sur une contrée fertile. Elle a énervé leurs forces, multiplié leurs maladies et enté sur leur barbarie originaire les vices dégradants de l'homme civilisé et corrompu. Ainsi les Indiens sans cesse refoulés vers le désert, en proie à une existence toujours plus précaire, ne peuvent s'empêcher de sentir que les Blancs sont les usurpateurs de leurs anciens domaines, la cause de leurs misères et les destructeurs de leur race. Leur exaspération est redoutable. Tout le monde connaît leur perfidie naturelle et leur cruauté envers les vaincus. Telles sont les dispositions de tous les sauvages de ces contrées, excepté quelques milliers qui, sur les bords du Kansas et du Neosho, ont le bonheur de connaître et de, professer la vraie religion sous le gouvernement spirituel de Mgr. Miége, vicaire apostolique de ce pays.

 

Les Indiens, dit le New-York Daily Tribune, continuent de céder leurs territoires. Les Omahas viennent de céder 600,000;000 d'acres; les Missouriens, 3,000,000; les Shawnees,1,600,000; les Sacs et les Foxes, 455,000 ; les Kickapoos, 768,000; les Delawares, 275,000; les Kaskaskias et autres, 94,000; les Miamis, 325,000.