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1856 - Tribus Sauvages.

- Tribus Sauvages - Le R. P. De Smet nous écrit en date du 25 janvier, collége Saint-Joseph, Kentucky :

 

« Je viens de recevoir du R. P. Adrien Hoeken une lettre datée du 18 octobre dernier, au camp réuni des Têtes-Plates et Pends-d'Oreilles, dans la région des grandes plaines, à' l'est des Montagnes-Rocheuses. Les sauvages y étaient allés pour assister à un conseil de paix, tenu par ordre du gouvernement des États-Unis. L. P. Hoeken s'y était rendu, à la demande expresse du gouverneur du territoire de Washington, M. Stevens, qui témoigne aux Pères la plus grande bienveillance, et dont les, rapports envoyés, au. président des États-Unis manifestent le vif, intérêt qu’il porte à l'amélioration de la condition matérielle de tous les Indiens confiés à nos soins.

 

Les Pieds-Noirs, les Corbeaux, les Têtes-Plates, les Pends-d'Oreilles, les Koetenays et un grand nombre de chefs de tribus différentes ont assisté à ce conseil. Il est à espérer que les stipulations de ce nouveau traité seront ratifiées par le gouvernement. D'une part, les sauvages promettent de maintenir la paix entre eux; de l’autre, les blancs et le gouvernement proposent de leur venir en aide, par des subsides, pour l'éducation de leurs enfants, et, par des instruments d'agriculture, pour les encourager à quitter la vie nomade et à se fixer dans un endroit convenable, sur leurs propres terres. Il est à désirer que le conseil réussisse à réaliser le but louable qu'il se propose.

 

Le R. P. Hoeken m'annonce que les Indiens de nos missions situées à l'ouest des Montagnes-Rocheuses, les Têtes-Plates, les Pends-d'Oreilles, les Cœur-d'Aleines, de Koetenays, les Shuyelpies, ou gens des chaudières, continuent, par leur conduite, régulière et religieuse; à donner à leurs missionnaires beaucoup de consolations. Il parle aussi des bonnes dispositions dans lesquelles il a trouvé les Corbeaux, les Pieds-Noirs et autres, à l'est des Montagnes. Ces sauvages demandent avec instance nos missionnaires. Le colonel Cummings, surintendant des affaires indiennes et qui, a présidé le grand conseil indien, m'a assuré, lors de son retour récent à Saint-Louis, que toutes les tribus, qui se trouvent dans le haut Missouri nous sont très dévouées. Il userait volontiers de toute son influence auprès du gouvernement pour la bonne réussite de nos missions parmi ces tribus. Avant de partir pour le conseil, il m'avait exprimé son désir que je l'accompagnasse pour assister à la granite réunion des sauvages.

 

Dans une lettre que j'ai reçue du R. P. Congiato, en date de Sainte-Claire,      le 29 novembre dernier, ce supérieur de la mission de la Californie et de l'Oregon parle de sa visite aux missions des Montagnes. Elle a duré trois mois. Voici un extrait de sa correspondance :

 

« Les Pères font beaucoup de bien dans cette région éloignée. Comme son vénérable frère, mort sur la rivière Missouri en 1851, le bon Père Hoeken fait le travail de plusieurs. Il est parvenu à réunir trois nations et une partie des Têtes-Plates, pour vivre ensemble sous sa direction spirituelle.

 

Tout marchait à merveille dans ce territoire lorsque je quittai l'Oregon; aujourd'hui tout y est en feu. Les sauvages qui vivent sur les bords du fleuve Colombia, depuis Walla-Walla jusqu'aux Dalles, se sont réunis aux Indiens du Nord de la Californie, pour faire ensemble la guerre aux Américains ou blancs, et commettent de grandes déprédations. Un des PP. Oblats, le P. Pandory, a été massacré. Les dernières nouvelles que j'ai reçues de la mission de Saint-Paul à Colville m'apprennent que vos Indiens en exprimant leur aversion pour les excès commis par les sauvages, ne se montrent aucunement disposés à prendre part à cette guerre indienne. Priez pour nos confrères dans l'Oregon.»

 

Plusieurs feuilles des États-Unis ont annoncé que les premières causes de cette guerre indienne sont les cruautés exercées par quelques blancs contre un bon nombre d'Indiens paisibles et tranquilles. Je ne pense pas que les Indiens de nos missions prennent la moindre part à ces difficultés qui ont surgi entre les Américains et les sauvages du fleuve Colombie. Ils suivront, sans doute, les conseils de leurs missionnaires, qui les détourneront d'un si triste malheur et d'un si grand danger. D'ailleurs, ils sont éloignés de l'endroit où la guerre se fait en ce moment et ils n'ont eu jamais ou bien rarement des rapports avec les tribus hostiles. »

 

Dans une lettre datée de Saint-François Xavier; 4 février; le R.P. De Smet nous écrit les lignes suivantes :

 

« Ne m'oubliez pas dans vos prières et faites beaucoup prier pour les pauvres et malheureux sauvages. Je viens de recevoir une deuxième lettre du R. P. Hoeken, écrite du village de Saint-Ignace parmi les Tètes-Plates. Il y a réuni plusieurs nations. Les conversions faites parmi les païens ont été très consolantes et très nombreuses dans le courant de l'année dernière.

 

Au nom de tous les sauvages qui sont à l'est et à l'ouest des Montagnes , il me demande de venir les revoir. Les Pieds-Noirs, les Corbeaux, les Assiniboins, les Sioux et d'autres cessent d'implorer notre secours. Ces nations sont encore très nombreuses: elles comptent au delà de 10,000 âmes.: Lés' religieux doivent être avant tout enfants d'obéissance. C'est l'affaire de nos supérieurs. Nous ne cesserons jamais de les aider par nos prières et de les recommander d'une manière toute spéciale aux bons souvenirs des âmes pieuses. (1) »

 

(Correspondance particulière des P. H.)

 

(1) Le R. P. De Smet bâtit en ce moment une église en l'honneur de sainte Anne, dans le voisinage de Saint-Louis, où la Compagnie pourra établir le scolasticat de la vice-province.