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1868 - Réponse à des critiques.

LA MORT DU GRAND-CHEF VICTOR

RÉPONSE A DES CRITIQUES

 

PAR RAPPORT AUX LETTRES DU R. P. DE SMET

 

 

En mettant sous presse la nouvelle et intéressante correspondance du P. De Smet sur le Camp sauvage, nous tenons à prémunir nos lecteurs contre deux opinions erronées qui ont été répandues concernant la paternité des Lettres du R. P. De Smet en général.

 

D'abord, des personnes ont cru que les lettres du missionnaire des Montagnes-Rocheuses publiées dans les Précis Historiques ne viennent pas intégralement de lui et de l'Amérique, mais qu'elles sont rédigées à Bruxelles. C'est une erreur. Toutes ces lettres nous arrivent de l'Amérique et de l'endroit d'où elles sont datées; nous n'en avons rédigé aucune; elles portent franchement la signature de leur auteur.

 

Ensuite, on a dit à un prêtre partant de Belgique pour l'Amérique, non-seulement « que le P. De Smet n'est pas l'auteur des lettres publiées dans les Précis Historiques, mais qu'on sait de bonne part que ces lettres sont dues à des rhétoriciens de l'Université de Saint-Louis. » C'est encore une erreur. Toutes les lettres que nous publions, signées du nom du P. De Smet, ont été rédigées par le P. De Smet,  « en acquit d'un devoir qui lui était imposé par ses supérieurs, pour le bien de la mission et pour la plus grande gloire de Dieu, » comme il nous l'a écrit lui-même.

 

Ajoutons à ce que nous venons de dire que toutes ces lettres sont écrites en entier de la main du P. De Smet, sauf quelques citations, qui, d'ailleurs, portent l'indication de leur origine. Or, il serait assez curieux de voir le missionnaire copier des récits faits par des rhétoriciens ou par nous. Seulement, comme le P. De Smet est habitué depuis longtemps à ne parler que l'anglais, il y a nécessairement dans ses lettres quelques incorrections de style, que nous redressons. Ces incorrections sont une preuve de l'authenticité des lettres. Encore, les changements de rédaction que nous avons faits, comme on en fait toujours pour la presse, ne se rapportent aucunement à la substance, mais seulement à la forme; de plus, ils sont peu nombreux. Plusieurs de nos lecteurs, qui nous ont prié de leur conserver quelques autographes du P. De Smet, peuvent constater la vérité de cette assertion,

 

« Le but principal de ma correspondance, qui date déjà depuis tant d'années, nous écrivait dernièrement le Père, a toujours été un témoignage de reconnaissance envers les bienfaiteurs de nos missions en Belgique et en Hollande, où vos Précis Historiques circulent. Vous avez eu la charité de nous prêter ce moyen, et vous avez le droit de participer aux prières et aux mérites des missionnaires, aux prières des néophytes et des nouveaux convertis, à l'intercession des nombreux innocents qui, ayant été baptisés, ont été appelés au ciel sans avoir terni la robe de leur innocence. »  Dans une autre lettre, il disait : « J'ai encore quelques récits, qui termineront peut-être ma correspondance, déjà bien longue ! Elle a été d'un puissant secours pour nos missions indiennes. »  Après avoir lu ces lignes, nous avons supplié notre compatriote de ne pas cesser de nous gratifier de ses correspondances.

 

Voilà ce que nous avons cru opportun de répondre à ceux qui pensent et surtout à ceux qui disent légèrement, que les lettres du P. De Smet sont rédigées par nous ou par des rhétoriciens de Saint-Louis.

 

Dans ces bruits répandus, nous sommes loin d'avoir soupçonné une intention malveillante à notre égard, moins encore à l'égard du R. P. De Smet; mais il importait de les démentir, parce qu'ils devaient nécessairement diminuer l'intérêt qui s'attache aux lettres de notre missionnaire des Montagnes-Rocheuses.

 

Nous saisissons encore cette occasion pour affirmer que, malgré l'usage contraire généralement reçu, aucune de nos correspondances particulières de pays étrangers n'a été rédigée à Bruxelles, pendant les seize années qu'existent les Précis Historiques.