RÉPONSE A DES CRITIQUES
PAR RAPPORT AUX LETTRES DU R. P.
DE SMET
En mettant sous
presse la nouvelle et intéressante correspondance du P. De Smet
sur le Camp sauvage, nous tenons à prémunir nos lecteurs contre deux
opinions erronées qui ont été répandues concernant la paternité des Lettres
du R. P. De Smet en général.
D'abord, des
personnes ont cru que les lettres du missionnaire des Montagnes-Rocheuses
publiées dans les Précis Historiques ne viennent pas intégralement de
lui et de l'Amérique, mais qu'elles sont rédigées à Bruxelles. C'est une
erreur. Toutes ces lettres nous arrivent de l'Amérique et de l'endroit d'où
elles sont datées; nous n'en avons rédigé aucune; elles portent
franchement la signature de leur auteur.
Ensuite, on a dit
à un prêtre partant de Belgique pour l'Amérique, non-seulement « que le P.
De Smet n'est pas l'auteur des lettres publiées dans
les Précis Historiques, mais qu'on sait de bonne part que ces lettres
sont dues à des rhétoriciens de l'Université de Saint-Louis. » C'est
encore une erreur. Toutes les lettres que nous publions, signées du nom du P.
De Smet, ont été rédigées par le P. De Smet, « en
acquit d'un devoir qui lui était imposé par ses supérieurs, pour le bien de la
mission et pour la plus grande gloire de Dieu, » comme il nous l'a écrit
lui-même.
Ajoutons à ce que
nous venons de dire que toutes ces lettres sont écrites en entier de la main du
P. De Smet, sauf quelques citations, qui, d'ailleurs,
portent l'indication de leur origine. Or, il serait assez curieux de voir le
missionnaire copier des récits faits par des rhétoriciens ou par nous.
Seulement, comme le P. De Smet est habitué depuis
longtemps à ne parler que l'anglais, il y a nécessairement dans ses lettres
quelques incorrections de style, que nous redressons. Ces incorrections sont
une preuve de l'authenticité des lettres. Encore, les changements de rédaction
que nous avons faits, comme on en fait toujours pour la presse, ne se
rapportent aucunement à la substance, mais seulement à la forme; de plus, ils
sont peu nombreux. Plusieurs de nos lecteurs, qui nous ont prié de leur
conserver quelques autographes du P. De Smet, peuvent
constater la vérité de cette assertion,
« Le but
principal de ma correspondance, qui date déjà depuis tant d'années, nous
écrivait dernièrement le Père, a toujours été un témoignage de reconnaissance
envers les bienfaiteurs de nos missions en Belgique et en Hollande, où vos Précis
Historiques circulent. Vous avez eu la charité de nous prêter ce moyen, et
vous avez le droit de participer aux prières et aux mérites des missionnaires,
aux prières des néophytes et des nouveaux convertis, à l'intercession des
nombreux innocents qui, ayant été baptisés, ont été appelés au ciel sans avoir
terni la robe de leur innocence. »
Dans une autre lettre, il disait : « J'ai encore quelques récits,
qui termineront peut-être ma correspondance, déjà bien longue ! Elle a été d'un
puissant secours pour nos missions indiennes. » Après avoir lu ces lignes, nous avons supplié
notre compatriote de ne pas cesser de nous gratifier de ses correspondances.
Voilà ce que nous
avons cru opportun de répondre à ceux qui pensent et surtout à ceux qui disent
légèrement, que les lettres du P. De Smet sont
rédigées par nous ou par des rhétoriciens de Saint-Louis.
Dans ces bruits
répandus, nous sommes loin d'avoir soupçonné une intention malveillante à notre
égard, moins encore à l'égard du R. P. De Smet; mais
il importait de les démentir, parce qu'ils devaient nécessairement diminuer
l'intérêt qui s'attache aux lettres de notre missionnaire des
Montagnes-Rocheuses.
Nous saisissons
encore cette occasion pour affirmer que, malgré l'usage contraire généralement
reçu, aucune de nos correspondances particulières de pays étrangers n'a
été rédigée à Bruxelles, pendant les seize années qu'existent les Précis
Historiques.